ASTUCES & MECANIQUE

particularites du moteur diesel

PARTICULARITES DU MOTEUR DIESEL

1. Généralités

1.1. Comparaison moteur diesel et moteur à essence

La différence essentielle entre un moteur du type diesel et un moteur à essence réside dans le mode d'inflammation du carburant et de la caractéristique d'auto-inflammation de celui-ce.

Si dans une masse d'air suffisamment comprimée pour que sa température atteigne une valeur déterminée, on introduit un combustible finement pulvérisé, la combustion se déclenche par auto-inflammation.

Le phénomène d'auto-inflammation résulte lui-même :

.                      • d'une part, d'un rapport volumétrique très élevé : 16/1 à 24/1;

.                      • d'autre part, de la haute température engendrée par ce rapport 600ºC.

 

Tableau comparatif

 

Fonctions assurées

Organes

Fonctions assurées

Organes

Temps du cycle

dans

en

dans

en

 

le moteur diesel

fonctionnement

le moteur à essence

fonctionnement

1. Admission

Aspiration d'air

Soupapes d'admission

Aspiration d'un mé- lange air-essence préparé et dosé par un carburateur ou un système d'injection

Soupapes d'admission Carburateur ou injecteurs

 

 

 

essence

 

2. Compression

Très forte 20 à 30 bars compression de l'air d'où échauffement à

 

 Compression du mé- lange 8 à 12 bars d'où échauffement à

 

 

600ºC environ.

 

300ºC environ.

 

 

Rapport volumétrique de 16/1 à 24/1

 

Rapport volumétri­que 5/1 à 11/1

 

En fin de course de compression

Injection sous forte pression (100 à 300 bars) du combustible qui s'enflamme spon­tanément au contact

Pompe d'injec-tion Injecteur

Allumage du mé­lange par étincelle électrique à la bougie

Allumeur ou magnéto et bou­gies d'allumage

 

de l'air surchauffé

 

 

 

3. Combustion

Combustion et détente

 

Combustion et

 

ou explosion

 

 

détente

 

4. Echappement

Evacuation des gaz brûlés

Soupapes d'échappement

Evacuation des gaz brûlés

Soupapes d'échappement


 

1.2. Cycle diesel mixte

Ce cycle est employé principalement sur les diesel modernes à grande vitesse de rotation (1500 à 5400 tr/min).

C'est une combinaison des deux cycles classiques dans lesquels une partie du combustible brûle à volume constant et l'autre partie à pression constante.

Le cycle mixte se rapproche plus ou moins de l'un des deux cycles classiques selon les réglages qui déterminent l'injection. Le cycle à volume constant donne un rendement meilleur et le cycle à pression constante permet la construction de moteurs plus légers puisque la pression maximale est plus faible.

Fig.11.1. Cycle diesel mixte

1.2.1. Avantages du moteur diesel

.                               Meilleur rendement : grâce à l'augmentation du rapport volumétrique la combustion est plus complète et la consommation spécifique est réduite (en moyenne de 200 g/kW/h contre 330 g/kW/h pour le moteur à essence).

.                               Le couple moteur est plus important et il reste sensiblement constant pour les faibles vitesses.

.                               Le combustible employé coûte moins cher.

.                               Les risques d'incendie sont moindres car le point d'inflammation du gazole est plus élevé que celui de l'essence.

.                               Les gaz d'échappement sont moins toxiques car ils contiennent moins d'oxyde de carbone.


 

1.2.2. Inconvénients

.                               Les organes mécaniques doivent être surdimensionnés.

.                               Le bruit de fonctionnement est élevé.

.                               La température dans les chambres de combustion est élevée ce qui implique un refroidissement plus efficace.

.                               L'aptitude au démarrage à froid est moins bonne qu'un moteur à allumage commandé.




 

2.   Classification des moteurs diesel

Les moteurs diesel sont classés selon le type d'injection et de chambre de combustion qui les équipent.

Deux grandes familles de types de combustion existent :

.                               L'injection directe, qui désigne tous les procédés ne comportant pas de fractionnement de la chambre de combustion (l'injecteur pulvérise le combustible directement dans la chambre principale du cylindre).

.                               L'injection indirecte, regroupant les différentes solutions de chambres de combustion divisées (l'injecteur pulvérise le combustible dans une chambre auxiliaire où a lieu le début de combustion), les gaz rejoignant ensuite la chambre de combustion principale à travers un passage ou des canaux de liaison.

 

2.1. Moteur à injection directe

Deux techniques de combustion sont employées :

.                               Par énergie des jets d'injecteur : utilisé dans les gros moteurs lents, l'injecteur central comporte de 6 à 8 trous, pulvérise le combustible (tarage de 200 à 350 bars) à la circonférence de la chambre de combustion de grand diamètre et peu profonde du piston. Le système fonctionne sans tourbillon d'air (swirl), mais exige une grande précision du positionnement de l'injecteur (à proximité de la chambre) et un excès d'air très important.

.                               Par mouvement tourbillonnant de l'air (swirl) : c'est le procédé le plus utilisé sur tous les moteurs modernes, le mouvement tourbillonnant de l'air est amorcé par la forme du conduit d'admission la chambre de combustion dans le piston est plus réduite, et comporte une forme variable selon le constructeur, en perpétuelle évolution en fonction de la normalisation antipollution, afin d'améliorer sans cesse l'homogénéité du mélange air-combustible. L'injecteur utilisé est du type à trous multiples (3 à 6).

 

Fig.11.2. Injection directe

Le principe de fonctionnement est le suivant :

Pendant l'admission, l'air pénètre dans le cylindre par la volute d'admission. Elle lui imprime un mouvement tourbillonnant très intense, créant un cyclone qui se poursuit pendant la compression.

En fin de compression, l'injecteur introduit le combustible dans la chambre sphérique du piston. Le jet très court est dirigé sur la paroi, et s'étale sur elle en un film mince. Les fines gouttelettes qui forment un brouillard autour de ce jet s'oxydent et amorcent la combustion.

Ce début de combustion s'effectuant avec une faible quantité de combustible, le cognement est éliminé. Le reste du combustible étalé en film mince s'évapore lentement, permettant aux vapeurs de se mélanger à l'air à l'air tourbillonnant.


 

2.2. Moteurs à injection indirecte

2.2.1. Moteurs à chambre de précombustion

L'injecteur du type à téton est placé sur la culasse et dans une cavité non refroidie appelée "préchambre". Elle communique avec le haut du cylindre par un ou plusieurs orifices de passage restreint, et représente entre 20 et 30% du volume de compression.

La combustible injecté dans cette préchambre commence à brûler puisqu'elle contient de l'air préalablement comprimé et élévation de pression résultant de cette précombustion expulse le mélange vers le cylindre où la combustion se poursuit. Cette combustion étagée assure un fonctionnement moins bruyant car les pressions d'injection sont modérées (100 à 150 bars) et le rapport volumétrique varie de 12/1 à 15/1.

Le démarrage s'opère généralement à l'aide d'une bougie de préchauffage car le taux de compression adopté ne permet pas de porter l'air ambiant à une température suffisante lorsque la culasse est froide.


 

2.2.2. Moteurs à chambre de turbulente

 

Ce dispositif est une variante du précédent : la chambre de turbulence représente la presque totalité du volume de la chambre de combustion. Cette préchambre communique avec le cylindre par un orifice de large section de forme tronconique; comme dans le cas précédent, l'injecteur débouche dans la chambre. Pour ces moteurs, le rapport volumétrique est compris entre 15/1 et 18/1, et la pression d'injection est de 110 à 130 bars.

Fig.11.5. Chambre de turbulence "Ricardo"


 

2.2.3. Moteurs à chambre d'air

La réserve d'air communique avec le cylindre par un orifice important mais l'injecteur est placé en dehors de cette chambre et il est disposé de façon telle que le jet de combustible vient à la rencontre de l'air comprimé qui sort de la chambre.

Il en résulte une grande souplesse de fonctionnement car un brassage énergique de l'air et du combustible favorise la combustion.

Ces systèmes ont été abandonnés depuis plusieurs années.

Fig.11.6. Chambre Saurer Fig.11.7. Système "Lanova"




 

 



Article ajouté le 2007-05-09 , consulté 312 fois

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